comment régir quand on m'attaque
Communication

Comment réagir face à des paroles ou des actes blessants ?

Personne ne peut me faire souffrir. Ma douleur est vrai, elle existe, je la ressens, mais personne n’est venue la mettre dans mon cœur, dans mon ventre. C’est moi qui ai décidé de réagir et souffrir face à cette situation ou à cette parole.

Cette souffrance fait naître en moi des sentiments, des sensations ou des émotions désagréables, dévalorisantes parfois. J’attribue alors à l’autre la responsabilité de ce que je ressens. Pourtant, j’ai le choix de décaler mon regard, j’ai le choix de décider de vivre et de regarder les choses autrement.

Oui OK, mais alors comment réagir face à des paroles ou des actes blessants ?

quoi faire de ma souffrance

Prenons l’exemple d’une situation qui est souvent la cause de souffrances au travail. Vous êtes critiqué, jugé, dévalorisé dans ce que vous faites au travail. Votre collègue ou un supérieur hiérarchique, se comporte mal envers vous. Il dévalorise votre soin et à chaque fois vous demande pourquoi vous avez décidé de faire les choses de telle manière. Il n’est pas content de vous et vous demande de vous réajuster.

Deux possibilités :

La première

Sachez qu’au fur et à mesure, vous entrez dans un cercle où ces remarques, comme des jets d’acide sur votre être, vous attaquent et vous détruisent à petit feu. A bas bruit.

Vous encaissez la critique. Vous êtes vexé voir en colère. Cette critique vous blesse et vous atteint dans votre estime. Vous vous sentez triste. Vous pouvez même avoir envie de pleurer. Ces remarques blessantes vous dévalorise.

C’est dangereux de ne pas réagir. Vous souffrez.

La deuxième

Vous décidez d’agir, de vous mettre en mouvement, en position d’acteur pour vous protégez. L’objectif n’est pas de changer l’autre car nous n’en avons pas le pouvoir, mais de se changer soi pour s’armer et se protéger.

En décidant de faire, vous vous offrez le plus beau cadeau qu’il soit, c’est à dire vous respecter et vous aimer.

Comment ? :

En utilisant un outil incroyable que je vais vous détailler dans cet article :

LA CARTE A 5 POINTS

Alors cette carte à 5 points est en fait une méthodologie simple et efficace pour évoluer, grandir et réussir à gérer les situations d’attaques verbales ou comportementales auxquelles vous pouvez être confrontée.

Bien sûr, elle nécessite de ne pas tout attribuer à l’autre et de prendre sa part de responsabilité. En ça, il vous faudra un peu de temps pour l’utiliser pleinement car elle mobilise en vous des zones que vous n’utilisez pas dans ces moments là : La bienveillance.

La bienveillance envers l’autre, même en situation conflictuelle est la clé pour se sortir de la spirale infernale de la victime et du persécuteur.

D’ailleurs je vous invite à regarder cette courte vidéo pour mieux comprendre de quoi je parle.

Partons d’une situation vécue pour avoir un exemple concret. Vous êtes en train de participer à la visite médicale, et vous êtes la cible de critique virulente de la part du médecin à propos d’un pansement très complexe que vous avez refait. Ce médecin n’arrive pas à vous faire de critique constructive sur ce qu’il attend de vous, ce n’est qu’un flot de critique sur votre incompétence et votre incompréhension du protocole et de la plaie.

Pourtant, vous savez parfaitement que ce que vous avez fait c’est ce qui est prescrit. Que vous l’avez fait consciencieusement et professionnellement.


Appliquons la carte à 5 points.

1er POINT : FAIRE UN COMPLIMENT SINCÈRE

Voyager dans votre perception de ce qui est en train de se passer. C’est le meilleur moyen de se faire du bien. Trouver un compliment à faire à cette personne dans la situation qui existe.

C’est très difficile et peut-être même l’étape la plus dure, car elle demande de prendre du recul sur ce qui se passe et de ne pas focaliser uniquement sur vous et sur ce que vous ressentez.

Par exemple on pourrai se dire : ” Je sais que vous avez vos raisons pour réagir comme ça, vous avez tellement envie que ce patient s’en sorte. Vous le vivez très mal d’être impuissant face à la dégradation de son état“.

Mmmm …. Pas facile n’est-ce pas ? Pourtant qu’est-ce que cela permet ?

Cela permet de regarder l’autre comme un être avec des failles, des faiblesses et donc des maladresses.

Cela permet de se dire que c’est à sa propre souffrance, sa propre impuissance qu’il répond en s’attaquant à vous. Ce n’est pas directement à vous qu’il en veut.

Cela permet de se dire que nous ne sommes pas le mauvais objet et que nous y sommes pour rien. Il se “sert” de nous et de la situation pour exprimer un mal être qu’il n’arrive pas à dire autrement.

2ème POINT : LES FAITS

Observer ce qui se passe sans juger.

Faites une description des faits, sans interruption. ATTENTION aux généralités, restez focaliser sur la description des faits.

Et enfin, concluez votre description par :

  • Lorsque vous me dites …..
  • En fait ce que j’attends c’est ….

Cette phase d’observation neutre permet de poser l’objectivité de la situation sans affect et sans en rajouter.

3ème POINT : CE QUE ÇA ME FAIT, CE QUE ÇA M’A FAIT, CAR J’AI BESOIN …

Il est très important de démarrer vos phrases par : Je me

Le “Je me” c’est moi. C’est à dire que vous assumez en totalité la responsabilité de votre ressenti intérieur. Par exemple vous parlez de : MA colère, MON désespoir, Ma révolte. Cela vous appartient.

Attention aux pièges. “Je me sens humiliée” n’est pas bon car vous attribuez encore à l’autre ce que vous ressentez par ce qu’il produit sur vous. Ça vous déresponsabilise. C’est une illusion que de se sentir humilié. Vous créez cela en décidant de vivre la situation comme une humiliation. C’est comme si votre boite d’autodévalorisation, votre boite à souffrance s’activait toute seule sous les mots de votre interlocuteur.

Une fois que vous avez décrit ce que cela vous fait, vous continuez avec : car j’ai besoin.

CAR J’AI BESOIN : de collaboration, d’écoute, d’analyse de pratique, etc ….

4ème POINT : MA DEMANDE QU’ELLE EST-ELLE ?

Souvent cette étape ne plait pas aux autres. Ce n’est pas dans nos habitudes d’exprimer ce que l’on aimerait. Donc vous complétez : J’AIMERAI QUE ….

C’est une action concrète positive. Ça l’est pour vous et pour l’autre.

Vous bannissez : JE VEUX QUE ….

Parce que vouloir est aussi une illusion. Vous devez arrêter de croire que ce que vous voulez va arrivez. Pour la simple raison que ce que vous voulez correspond toujours à un besoin très personnel des choses.

Par exemple vous pouvez dire : J’aimerai qu’à chaque fois que l’on doit prendre en charge ce type de patient, nous faisions un staff avant pour pouvoir discuter des objectifs thérapeutiques que nous devons atteindre et avec quels moyens.

Je vous jure que cela peut paraitre utopique comme ça, mais les personnes ont tellement peu l’habitude de se positionner que lorsque quelqu’un ose exprimer ce dont il a besoin ou ce qu’il aimerait pour travailler, la réponse est généralement positive.

La peur de le faire est plus grande que le risque de le faire. Vous n’avez rien à perdre à le formuler. Juste à dire en cas de refus : Moi j’ai pu vous signaler ce dont j’avais besoin pour travailler.

Si l’autre ne s’en saisi pas, cela n’est plus de votre ressort.

C’est là qu’arrive le cinquième point.

5ème POINT : MA DÉCISION

Moi je propose ….

A chaque fois que nous nous retrouvons en désaccord, je vous propose de m’asseoir et d’analyser mes pratiques.

L’important est de le faire pour soi-même.

Vous faites 100% du chemin. N’attendez pas que ce soit 50/50. Vous faites TOUT le chemin et une fois au bout, l’autre s’en saisi ou pas. Par conséquent, vous n’avez plus rien à vous reprochez ensuite.


Une chose très importante.

Cette carte doit s’écrire. Il est impératif que vous puissiez dans un premier temps l’écrire, chez vous, a posteriori de la situation. Le fait de l’écrire permet au mental d’avoir une autre temporalité. Vous réagirez moins dans l’action et l’affect. Vous allez être plus posé, plus objectif.

Au fur et à mesure que vous allez écrire vos cartes, c’est comme un gymnastique. votre cerveau va passer d’étape en étape de plus en plus rapidement, jusqu’à réussir à le faire quasiment en live pendant la situation.

Enfin,vous allez pouvoir exprimer vos besoins et proposer des solutions de manière immédiate.

Pour ce faire, je vous propose de télécharger un document que j’ai créé pour vous et qui peut vous servir de trame pour commencer. Télécharger ici.

En complément de cet article, je vous invite à découvrir celui-ci, sur la gestion des émotions du soignant. Je trouve que c’est un article qui vient grandement compléter celui-ci. La gestion des émotions du soignant

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2 Comments

  • Parent

    Bonjour Cylie ,j’ ai lu votre article qui est très interessant. Et ma question porte sur comment dire les choses sans être agresseur. Il m’arrive souvent de me “taire pour ne pas blesser”. Exemple je vois souvent une collègue qui met le linge sale au sol😨 qui met les crèmes et pommades en couche de 3 cm. J’essaie de lui dire qu’il vaut mieux éviter (règles d’hygiènes impératifs n’oublions pas que nous accueillons des étudiants et que nous sommes responsables de ce que nous leur apprenons, la bonne utilisation des médicaments c’est important cela peut faire pire que mieux) mais je sens qu’elle est agacee.

    • Cylie

      L’important c’est de dire les choses de manière la plus factuelle possible. En le disant de manière objective, il n’y aura pas de jugement dans vos propos. Donc il faut bannir les : tu devrais faire comme ci, ou pourquoi tu ne fais pas comme ça. Cela sous-entend un jugement de votre part sur ce qu’elle fait et sous-entend également que vous savez mieux.
      Par contre vous pouvez préférez une formulation qui se rapprocherait de : Dans le protocole de réfection des lits ou de toilette au lit, il est préconisé de ne pas mettre les draps au sol. J’ai besoin de respecter ce protocole. J’aimerai que quand tu travailles avec moi, nous puissions mettre les draps à tel ou tel endroit. Qu’est-ce que tu en penses ?
      C’est un exemple.

      Par contre ne pas oublier que vous ne pouvez pas changer l’autre. Ainsi, peut-être que vos tentatives resteront infructueuses. Dans ce cas, il faut focaliser votre énergie sur ce que VOUS faites et non sur ce que les AUTRES font. L’important est de pouvoir argumenter pourquoi vous le faites. Pour moi, il est très important de faire comme ça. Et vous le faites tout le temps parce que c’est important pour vous.

      Vous n’êtes pas responsable des décisions que les autres prennent. Une fois votre point de vue exprimé, chacun doit faire son chemin. Ce n’est pas dit au’a bout d’un moment, à force de vous voir faire, cette collègue finisse par modifier sa manière de faire.

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