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Améliorer sa pratique soignante

La résilience chez les soignants, est-elle possible ?

Je trouve qu’on utilise pas assez ce mot dans le monde du prendre soin. Que l’on exerce une profession médicale, paramédicale, ou sociale, je me suis rendue compte durant mes 17 années de carrière qu’on ne m’avait jamais parlé de la résiliance. Et pourtant, est-ce que cette résilience ne serait pas la clé ? La résilience chez les soignants est-elle possible ?

Oui mais la clé de quoi ? La clé de prendre en main son propre bien-être intérieur. L’intégralité de ce blog est basé sur le constat simple que si on ne prend pas soin de soi on ne peut pas prendre soin des autres. Malheureusement notre société ne nous apprend pas à prendre soin de nous, ça devrait être au programme scolaire. Du coup on perd beaucoup de temps à souffrir avant de prendre conscience que la seule personne qui peut nous aider c’est nous-même.

Je vais donc vous donner une définition de la résiliance :

C’est la capacité à faire face aux adversité de la vie, transformer la douleur en force motrice pour se surpasser et en sortir fortifier. Une personne résiliante, comprends qu’elle est l’architecte de sa propre joie et de son propre destin.

Intéressant comme concept ! Et pourtant, regardez autour de vous, quel est le collègue qui a décidé de devenir un soignant ou un acteur de soins résilient ? Je peux l’observer depuis quelques mois où je mets en place des formations et des stages à destination des soignants ayant pour objectif le prendre soin. Je réalise par les retours que j’ai, que ce n’est pas dans la culture des soignants de s’occuper d’eux-mêmes. En effet, tout comme vous vous occupez des patients, peut-être partez-vous du principe que quelqu’un d’autre doit prendre soin de vous. Eh bien c’est une erreur. Tant que vous serez dans cette attente que l’autre est responsable de votre bien-être intérieur, de votre équilibre, vous serez perpétuellement déçu parce que dans l’attente de quelque chose qui n’arrivera jamais.

Alors que si vous devenez l’architecte de votre propre bien-être, alors vous êtes libre d’établir les plans, les délais, et de prendre les décisions les plus adaptés en fonction de l’évolution de votre chantier intérieur. Personne d’autre que vous n’est mieux placé pour savoir ce dont vous avez réellement besoin. Alors bien sûr il y a toujours l’argument financier qui est mis en avant. Mais vous êtes vous demandés un jour quelle était la somme d’argent que vous dépensiez pour quelque chose qui ne vous apporte rien dans la durée, que du plaisir immédiat ?

La clope

Le resto

L’alcool

Netflix

Le téléphone portable et ses réseaux sociaux

Vos fringues

Vos chaussures

C’est bien que vous investissez au quotidien dans ce qui peut vous faire du bien et dans ce que vous identifiez comme quelque chose de nécessaire pour vous. Alors pourquoi aller plus loin dans ce prendre soin serait si compliqué ? Est-ce que ce n’est pas une question de choix finalement ? C’est la question que je me pose.

On m’a souvent demandé pourquoi j’avais sacrifié une partie de mon argent dans ma formation personnelle et mon développement personnel. Je ne pourrai pas vous répondre dans cet article parce que ce serait beaucoup trop long. Les outils et la liberté que j’ai aujourd’hui n’ont pas de prix.

Depuis les études de santé, on vous met dans la tête qu’il faut être professionnel, qu’il faut gérer ses émotions, qu’il faut être emphatique, mais est-ce que l’on vous dit comment ? Est-ce que l’on vous emmène vers le chemin du développement personnel pour vous permettre de vous connaitre et de savoir exactement ce dont vous avez besoin pour prendre en charge la souffrance des autres ? Et bien non. Les choses que l’on vous enseigne sont faites pour tout le monde, sans distinction des besoins personnels. Un peu comme les soins qu’on le se retrouve ensuite à prodiguer. On les fait de la même manière, peu importe la personne, son âge, son sexe, ses habitudes parce qu’on part du principe que c’est au patient de s’adapter aux contraintes institutionnelles et non l’inverse. Mais à la fois c’est bien ce que l’on a fait avec vous depuis que vous êtes bébés soignants ! On vous demande de vous adapter, d’assimiler, d’obéir peu importe qui vous êtes et ce que cela vous fait.

Alors comment y accéder ?

Ne fait pas aux autres ce que l’on t’a fait ou ce que tu voudrais pas que l’on te fasse.

La rancune peut amener à dire : Moi quand j’étais étudiant on m’obligeait à faire ceci ou on m’interdisait à faire cela donc pour toi c’est pareil. La bienveillance à ce moment là est important justement pour stopper l’hémorragie de la transmission malveillante. Nos études sont encore trop souvent douloureuses pour beaucoup d’étudiants et ce n’est pas normal.

Les lectures :

S’enrichir par les lectures c’est très importants. Voici une petite sélection perso de bouquin qui pourrait vous être utile

confiance en soin
  • L’intelligence émotionnelle l’intégrale de Daniel Goleman
  • L’art du calme intérieur de Eckhart Tolle
  • Des jeux et des hommes d’Eric Berne
  • Fais-toi confiance d’Isabelle Filliozat
  • La voix de la connaissance de Don Miguel Riuz
  • Les quatre accords toltèques de Don Miguel Riuz
  • La blouse blanche du papillon de moi 🙂 Cynthia Marion (parce que je vous livre mes réflexions …. et parce que c’est le mien quand même je peux le faire :))

Il y a une citation qui dit : Si tu ne sais pas lire tu es obligé de croire tout ce que l’on te dit. Et c’est tellement vrai !!! Allez chercher ailleurs des sources d’inspirations. Souvent le message que l’on vous porte s’inscrit chez vous comme des croyances et vous limite plus qu’il vous libère.

Les modèles :

bienvenue

Ce n’est pas dans les habitudes françaises d’avoir des mentors et de s’inspirer de ce qu’ils font. Pourtant moi je me nourris en permanence des rencontres, des idées, des travaux de personnes qui m’inspirent et qui me donnent envie de me surpasser, d’avancer, de faire mieux ou de faire plus. Bien sûr il serait impertinent de ma part de vous conseiller des personnes car ce choix est très personnel.

Ainsi, je vous livre les personnes que je suis, et qui m’aide beaucoup. Ensuite, libre à vous de trouver ceux qui vous parle. Ils ne sont pas obligés d’être connus, ils peuvent faire parti de votre quotidien. Mais fréquenter, écouter ou lire ces personnes va vous tirer par le haut.

Il n’y a rien de pire que de rester en vase clos dans son unité ou son service pendant des années sans jamais s’ouvrir à l’extérieur. PIRE, en pensant que l’extérieur est négatif et source de stress. Penser que ce ne sera pas mieux ailleurs. Préférer restez dans sa zone de confort plutôt que de s’ouvrir à l’inconnu et à l’imprévu.

  • Sandra Meunier : Fondatrice des neztoiles
  • Frédéric LENOIR : Philosophe qui écrit beaucoup sur la joie
  • Delphine TELES mon amie psychologue
  • David Laroche, entrepreneur
  • Claudia Nottale, grande clown et somatopsychopédagogue
  • Anne Flore BARON femme, thérapeute qui prend soin de moi
  • Véronique BLANCHET : Médecin de la douleur et de soins palliatifs
  • Sandra et Olivier STETTLER fondateur de l’institut Cassiopée qui m’a tellement enseigné.
  • Les patients que je rencontre
  • Les comptes Instagram de Charline et l’homme étoilé
  • La page Facebook des mots positifs
  • Alain DEJOIS allias Papy, comédien, improvisateur, papy des âmes et des coeurs.
  • Mes rencontres
  • Mes amis
  • Ma famille

Bref je pourrais en écrire une liste incroyable mais tout ça pour vous dire qu’il est important de lire, de rencontrer, d’écouter, de s’inspirer ….

La confiance :

confiance en soin

Faire confiance quand quelqu’un vous raconte quelque chose de positif. Ne pas partir du principe que c’est impossible, qu’il ou elle est folle, utopiste, optimiste. C’est rare de rencontrer des personnes positives, créatives qui ont envie d’y croire. Il est plus bénéfique pour vous de rester dans leur sillage plutôt que d’essayer d’en sortir. Le positivisme fait peur. Pourtant beaucoup de personnes ont fait des choses qui paraissaient folle au départ et qui à l’arrivée s’avéraient être de grandes expériences de vie, qui contribuent à faire grandir l’humanité.

Les soignants sont au contact de cette humanité au quotidien et ils sont donc en première ligne pour impulser ce genre d’expérience. Vous en voulez quelques unes ?

Hassan Bouchakour : Et si je venais dans les hôpitaux avec un cheval pour entrer en connexion avec des patients en fin de vie et leur proposer une rencontre unique avec un animal emphatique ?

Sandra Meunier : Et si je me transformais en personnage féérique, poétique, elfique pour aller à la rencontre des patients en fin de vie et leur proposer de retrouver le chemin de leur joie profonde, afin qu’il trouve la force du combat, la force du passage.

Xavier allias l’homme étoilé : Et si je mettais en BD mes plus belles rencontres en soins palliatifs pour passer le message que c’est avant tout des soins destinés à accompagner la vie et non la mort.

Sarah Dumont : Et si j’organisais des apéro de la mort ? Des moments ou l’on parle librement de ce moment, où on lui redonne sa place dans la vie ? Je vais créer Happyend et libérer la parole autour de cet instant de vie.

Tous ces gens ont du entendre, ça ne marchera jamais, c’est fou, c’est trop, c’est pas assez, c’est dingue …. Mais ils y ont cru, avec leurs tripes, leurs âmes et leurs coeurs.

Résilient ils se sont dit qu’ils allaient devenir le créateur de leur destin. Ils ont allié le prendre soin et et la résilience. Certains animés par une douleur profonde, ils ont fait le choix d’en faire une force. Qu’une faiblesse devienne forteresse et serve à inspirer d’autres.

Amande Marty a créé un endroit incroyable. Après le décès de leur petit Gaspard, 9 mois, elle a trouvé la force d’aller à la rencontre des autres, pour panser sa douleur. Elle en a fait un film, et aujourd’hui elle crée un empire pour les parents endeuillés. Un lieu où ils trouveront une main tendue ….

La confiance en cette voix du ventre. Cette voix de l’âme qui vous indique toujours la bonne direction, le bon chemin. Cette voix qui crie plus fort que les voix des gens autour de vous. Si vous êtes à son écoute, vous allez pouvoir trouver les réponses que vous attendez à vos questions :

  • A t’on le droit de faire cela ?
  • Est-ce que je peux répondre ça ?
  • Ma collègue a t’elle le droit de faire ça ?
  • Est-ce que c’est bien d’aller travailler là ?

Vous savez, fermez les yeux, vous savez la réponse c’est juste que vous avez peur ….

La fidélité

confiance en soin

A ce que l’on pense, à ce que l’on croit, à soit même, à ses valeurs, à son humanité, à son amour, à ses envies.

Être fidèle à ce que nous défendons, ne pas se laisser imposer ce qui nous révolte.

Dire ce qui nous choque, dénoncer l’inhumanité, refuser l’exploitation, lever le point et dire non. Parce que je suis fidèle aux raisons pour lesquelles j’ai choisi ce métier.

Que je sois éducateur, médecin, infirmier, aide-soignant, assistante sociale, kinésithérapeute, sage-femme, AMP, je sais pourquoi je suis là et je n’écrase pas ses idéaux du début, ceux qui m’ont conduis là ici et maintenant.

Vous avez raison, tous tellement raison et c’est pourquoi vous êtes tous dans la rue …. Ne lâchez pas cela et surtout, ne laissez personne vous faire croire que vous avez tord de mettre l’humanité au coeur de vos soins, que vous tord de mettre le patient en priorité.

Soyez fidèle à ce que vous êtes car chaque être humain enferme une part de cette humanité. Et si nous ne laissons pas cette part s’exprimer, alors nous ne pouvons pas aider notre humanité. On a besoin de tout le monde et tout le monde a sa place.

Restez qui vous êtes.

Vous êtes tellement !

Alors oui être soignant et résilient c’est possible. Si on nous l’apprend, si on nous montre comment faire. Mais être soignant et résilient, c’est possible si vous le décidez, si vous acceptez que vous seul pouvez vous aider. Si vous avez compris que personne ne viendra vous chercher par la main.

Vous êtes le seul responsable de ce que vous vivez. Vous ne subissez rien, vous acceptez. Alors allez-y, prenez soin de vous, lisez, rapprochez-vous de ceux qui peuvent vous inspirer, vous aider.

Ne lâchez rien et n’ écoutez personne ….

Moi j’ai décidé d’être là pour ceux qui voudront que je les accompagne. C’est mon choix, et n’en déplaise à certains, je viendrai auprès de ceux qui ont choisi. Et je crois intimement que ma place est là, aux côtés des soignants qui en ont besoin.

Cynthia

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One Comment

  • Chantal

    C’est super.
    Tu mets en mots ce que je ressens et vis au quotidien.
    Ou facteur de résilience pour soi même, c’est top !
    J’ai aussi envie d’être un facteur de résilience pour le patient.
    Etre en un moment, à un endroit, un humain, qui croit en l’autre, qui est avec l’autre, proche et en même temps pas l’autre, qui essaie de comprendre avec sa tête et avec son cœur.
    On nous a interdit d’être dans la compassion, mais n’est-ce pas une des voies de la rencontre.
    Merci Cynthia, merci pour tes apports qui me ressourcent.
    Chantal bien cordialement,

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