4 accords toltèques
Les soignants

Les 4 accords toltèques du soignant

La sagesse chaman à l’hôpital

Connaissez-vous les 4 accords toltèques de  Miguel Angel Ruiz ? 
Je vais adapter ici les 4 accords toltèques que Miguel Ruiz présente dans son livre, au milieu du soin et plus précisément aux soignants. Mais avant, prenons le temps de découvrir ce que sont ces accords …

Qu’est-ce que sont ces accords ? 

Ces accords sont des outils, dont l’origine appartient à la civilisation pré-colombienne. Ils visent la sagesse à travers la non-violence. Les accords sont comme des petites voix qui viennent redéfinir nos croyances. Un accord consiste à dire oui à quelque chose. Cela devient petit à petit une croyance qui nous colle à la peau. Nous sommes responsables des croyances que nous avons.  
 Accord → Croyance → Vie
Si vous aspirez à une vie meilleure, sans changer ces accords, alors cela devient une utopie. 

Qui est l’auteur des 4 accords toltèques ? 

Miguel Ángel Ruiz est mexicain, chaman (se disant nagual) né en 1952.
Né d’une mère curandera, médecin et d’un père nagual (chaman toltèque), il fait des études de médecine pour devenir chirurgien. Il aime particulièrement ce milieu médical et scientifique, il apprécie la technique et la précision de la chirurgie. Sa vie bascule lors d’un accident au cours duquel il va vivre une expérience de mort imminente. Cette expérience va l’emmener à reconsidérer complètement la nature humaine, mais surtout le concept de mortalité. La vie sous toute ses formes, la vie après la mort. Il va alors chercher des réponses aux questions de l’existence en se rapprochant des racines de son père et donc de la tradition toltèque.
Il y découvre beaucoup de sens et de sagesse. Miguel Angel décide alors de travailler sur la vulgarisation de la sagesse Toltèque au travers de son livre : « les 4 accords toltèques ». 
En 1997, il publie les 4 accords toltèques, que je vous invite à lire de toute urgence. (Vous pouvez le retrouver dans la rubrique coup de coeur du blog). 

Voici les quatre accords toltèques : 

Que votre parole soit impeccable.

Parlez avec intégrité, ne dites que ce que vous pensez vraiment. N’utilisez pas la parole contre vous-même, ni pour médire d’autrui. Utilisez la puissance de la parole dans le sens de la vérité et de l’amour. La parole est un outil qui peut détruire. Prenez conscience de sa puissance et maîtrisez-la. Pas de mensonge ni de calomnie.

Quoi qu’il arrive, n’en faites pas une affaire personnelle.

Vous n’êtes pas la cause des actes d’autrui. Ce que les autres disent et font n’est qu’une projection de leur propre réalité, de leurs rêves, de leurs peurs, de leurs colères, de leurs fantasmes. Lorsque vous êtes immunisé contre cela, vous n’êtes plus victime de souffrances inutiles.

Ne faites pas de suppositions.

Ne commencez pas à élaborer des hypothèses de probabilités négatives, pour finir par y croire, comme s’il s’agissait de certitudes. Ayez le courage de poser des questions et d’exprimer vos vrais désirs. Communiquez clairement avec les autres pour éviter tristesse, malentendus et drames.

Faites toujours de votre mieux.

Il n’y a pas d’obligation de réussir, il n’existe qu’une obligation de faire au mieux. Votre “mieux” change d’instant en instant. Quelles que soient les circonstances faites simplement de votre mieux et vous éviterez de vous juger, de vous culpabiliser et d’avoir des regrets. Tentez, entreprenez, essayez d’utiliser de manière optimale vos capacités personnelles. Soyez indulgent avec vous-même. Acceptez de ne pas être parfait, ni toujours victorieux.
Il me semble intéressant de transposer ces quatre accords à notre pratique soignante. Je pense même que si vous l’appliquez au quotidien, vous éviterez pas mal de relation conflictuelle. 

Les quatre accords toltèque du soignant :

Que votre parole soit impeccable

Si chacun s’astreint dans son quotidien à réfléchir avant de parler, à mesurer l’impact que les mots peuvent avoir sur l’autre, vous imaginez bien comme ce serait plus fluide.
Par exemple parler avec le patient quand on rentre dans sa chambre. Le considérer, s’intéresser à lui et non pas à autre chose. Facile à dire, cela semble facile à faire et pourtant …. Vous ne vous rendez même plus compte parfois que lorsque vous rentrez dans une chambre, vous continuez votre conversation. 
La dernière fois, j’étais dans le couloir, j’attendais que la patiente est terminée d’aller aux toilettes pour rentrer dans sa chambre. Dans la chambre d’à côté, une infirmière était entrain d’encadrer un étudiant pour une gazométrie. Imaginez comme c’est stressant une gazométrie quand on est celui qui la reçoit. C’est un soin qui fait mal, qui est angoissant, on pique dans l’artère, bref ce n’est pas une partie de plaisir. Tout le long du soin, l’infirmière a demandé au stagiaire s’il en avait déjà fait, comment ça c’était passé, s’il avait fait d’autres soins techniques; Puis sont arrivées les remarques sur le soin, sur la technique. Bref le patient a été destinataire de deux réelles attentions portées à son égard : Acceptez-vous que l’étudiant fasse le soin ? Et voilà Mr TRUC, c’est terminé, ça va ? Ça s’est bien passé ? 
Quelle scène difficile mais oh tellement quotidienne. Combien de fois ne rentrons-nous pas réellement en contact avec les êtres, les personnes, que nous soignons ? 
Et entre collègue ? Sommes-nous attentif à nos mots ? Il est parfois tellement plus simple d’accuser, de juger, de critiquer et de comprendre bien trop tard pourquoi. Notre seule excuse à ce moment là est de nous dire que nous ne pouvions pas savoir. 
Ce qui m’interpelle toujours, c’est de voir comment l’organisation du service de soin prend le pas sur les besoins du patient. Ce sont les patients qui s’adaptent au service et non le service qui s’adapte aux patients. C’est comme les enfants qui s’adapte à l’école et non l’école qui s’adapte aux enfants. 
  • Combien de fois vous entendez parce qu’un patient est très douloureux le matin et qu’il n’a pas eu sa toilette : “tu m’as laissé une toilette pour l’après-midi ? “
  • Combien de fois le stress de ne pas laisser de soin à notre collègue d’après-midi vous oblige à faire un pansement alors que le patient n’est pas bien le matin ? 
  • Combien de fois l’idée de laisser une transfusion qui s’écoule doucement parce que le patient la tolère mal sur le créneau de nuit vous emplie de culpabilité ? 
Et donc combien de fois votre parole est alors si peu impeccable que l’on blesse l’autre ? En s’éloignant de notre objectif principal : Le patient et ses besoins. 
Lorsque vous parlez pour parler, sans vous demandez si ce que vous allez dire est vraiment utile, vous prenez le risque d’induire une réaction négative chez l’autre, voir de blesser l’autre.

Quoi qu’il arrive, n’en faites pas une affaire personnelle

 

Il arrive naturellement, juste après « que ta parole soit impeccable ». Parce qu’elle est souvent blessante cette parole que l’on reçoit. 
Nous est-elle réellement destinée ? 
Quand quelqu’un “déverse” sur nous des paroles blessantes, humiliantes, revendicatrices, s’adresse t’il vraiment à nous en tant que personne ?

– Quand un patient ou une famille parle mal à un soignant ? 

A qui s’adresse t’il ? Certainement pas à la femme ou l’homme que je suis. Il s’adresse à la blouse que je porte. C’est à dire qu’il s’adresse à l’impuissance médicale, à la violence de l’annonce diagnostic, à la représentation de la mort ou de la maladie, à ce qui renvoie à son statut de malade. C’est à tout ça qu’il s’adresse, pas à nous. 
Le mécanisme de transfert complètement normal et inconscient opère et c’est très bien que le patient l’utilise et puisse se permettre d’exprimer ce qu’il a à exprimer. Cette révolte, cette douleur, cette colère, ce stress, cette angoisse. 
Si seulement vous appreniez à ne pas en faire une histoire personnelle. Cela pourrait éviter deux choses : 
De répondre de manière inadaptée et de créer des situations encore plus conflictuelles. 
– D’éviter l’épuisement professionnel et donc le burn-out. Parce que les soignants ne se sentiraient plus rabaissés ou humiliés; Puisque c’est un processus normal et que ce n’est pas à moi que le patient s’adresse. 
Alors bien sûr je ne parle pas des personnes atteintes de troubles psychiques qui présentent des manifestations d’extrêmes violences complètement inappropriées. 

– Quand un collègue ou un supérieur parle mal à un soignant ? 

Et bien c’est pareil. Vous ne serez que le réceptacle de ses propres projections;  Son incapacité à manager une équipe, son incapacité à faire face à une situation de stress, sa frustration, sa culpabilité, etc etc. Sachez qu’il est toujours plus simple d’identifier une cause extérieur à nous-même plutôt que présente à l’intérieur de nous-même. 
En ça, l’autre est un fabuleux bourreau responsable de notre mal être, de nos mauvaises conditions de travail, de mon stress, de ma fatigue, de mon agacement etc etc .
Bien sûr, plus facile à dire qu’à faire. Vous vous sentez bien trop souvent atteint personnellement dans ces situations de violences. Sachez que cela s’apprend et que ce n’est pas impossible.
Si vous en faites une affaire personnelle c’est parce que vous vous donnez beaucoup d’importance.
Miguel Ruiz nous dit : 
« Vous n’êtes pas la cause des actes d’autrui. Ce que les autres disent et font n’est qu’une projection de leur propre réalité, de leurs rêves, de leurs peurs, de leurs colères, de leurs fantasmes. Lorsque vous êtes immunisé contre cela, vous n’êtes plus victime de souffrances inutiles. »

Ne faites pas de suppositions

Je pense, après avoir passé 13 ans dans les services de soins, que 90% des conflits ou de la mauvaise ambiance au travail prennent naissance dans les suppositions que chacun fait à partir d’une parole, d’un acte ou d’une intonation. 
Souvent vos collègues préfèrent rester dans des suppositions plutôt que de prendre position ou d’exprimer sa position. 
Dans ce contexte, vous vous faites des films. Mais le plus grave, c’est que vous en faites une réalité absolue, une vérité. Nous avons donc des actions qui sont à côté de la situation ou des besoins des patients, des familles ou de nos collègues. 
Nos transmissions sont pleines de suppositions sur le mode de vie, le mode de fonctionnement des familles, mais aussi sur l’intention d’une prescription ou une décision prise par les médecin. Sur les transmissions infirmières. 
Vous êtes souvent en train d’imaginer plutôt que de prendre la responsabilité de demander.
Miguel Ruiz nous dit : 
« Ayez le courage de poser des questions et d’exprimer vos vrais désirs. Communiquez clairement avec les autres pour éviter tristesse, malentendus et drames. »
En exprimant ce que vous avez besoin ou ce que vous pensez, vous clarifiez votre pensée, vous permettez de clarifier la pensée de l’autre et vous prenez position en exprimant ce que vous avez besoin pour travailler. Plutôt que de partir de l’autre et de lister ce que l’autre aurait du faire, à fait, ou devrait faire, vous partez de vous et de ce que vous avez besoin pour travailler. 

Faites toujours de votre mieux

Dans celui-là il y a plusieurs choses. D’abord « Il n’y a pas d’obligation de réussir, il n’existe qu’une obligation de faire au mieux. »
Là déjà vous pouvez avouer que l’on descend en pression quand on commence à se dire ça. Et j’ai envie de vous rajouter : IL N’Y A PAS D’ECHECS NI DE RÉUSSITE DANS LE SOIN, IL N’Y A QUE DE L’EXPERIENCE.
Sachez qu’à CHAQUE FOIS que vous prenez une décision, que vous faites un soin, que vous appelez un collègue ou un médecin pour vous aider, vous faites TOUJOURS TOUJOURS ce qui vous semble le mieux dans cette situation à ce moment là. C’est tellement facile de dire après coup : « si j’avais su que, si j’avais eu ça, s’il était venu plus vite, si elle avait répondu, …. » c’est très facile de refaire l’histoire après coup, mais quand c’est fait c‘est fait et ce n’est pas la peine d’y revenir. Si ça n’a pas marché et bien tant pis, vous aurez fait de votre mieux. 
« Quelles que soient les circonstances faites simplement de votre mieux et vous éviterez de vous juger, de vous culpabiliser et d’avoir des regrets ».
  • Plus que le mieux c’est l’épuisement.
  • Moins que le mieux c’est l’insatisfaction.
Il faut donc trouver un juste milieu.
Les soignants sont les champions du monde pour s’autoflageler ! Sortir le bâton et se frapper tout seul comme un grand. Se culpabiliser de ne pas avoir été assez rapide, précis, juste, efficace, patient ou d’avoir été trop brusque, rapide, vite, agressif etc, etc. 
Vous êtes jamais comme il faut et franchement c’est fatigant. Lâchez-vous la grappe, vous faites de votre mieux et c’est déjà beaucoup si vous le faites vraiment. A vouloir être trop vous vous écroulez tellement l’objectif est haut. 
« Soyez indulgent avec vous-même. Acceptez de ne pas être parfait, ni toujours victorieux. »
Alors ça c’est vraiment hyper hyper important ! Beaucoup de souffrances viennent de ce que vous êtes capable de vous infliger tout seul comme des grands, sans que personne vous pousse à le faire. C’est quand même assez incroyable cette capacité à vouloir toujours l’exceptionnel et le parfait. 

Il est grand temps de prendre soin de vous pour prendre soin des autres. 
Vous êtes exceptionnels sachez-le, vous n’avez pas besoin d’en faire plus, ni d’en faire trop. Être là dans la fonction, et au service des patients, font déjà de vous des êtres exceptionnels. 

Acceptez l’inconstant, l’incertitude, la vulnérabilité, et la part de fatalité qu’il existe dans chacun de vos soins. 

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