histoires d'Adèle confiance ensemble soin
Des rencontres humaines

Les histoires d’Adèle

Je te propose de suivre l’histoire d’Adèle, jeune infirmière diplômée dans un service de médecine polyvalentes de 26 lits. Ce n’est pas une histoire vraie, mais une fiction !!! 

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J’ai créé récemment un questionnaire pour recueillir les besoins les plus importants des soignants, ce qui leur pèsent le plus en ce moment, en vue de la création d’un programme d’accompagnement en ligne.

J’ai décidé ensuite d’y répondre en inventant une série, des personnages et des histoires …. Pour que cela ne soit pas trop …. ennuyeux ?! Les histoires d’Adèle

Elle bosse dans une équipe sympa, mais il y a quand même 2 ou 3 peaux de vaches : 

– Une aide-soignante près de la retraite, Simone
– Une infirmière de 50 ans qui a oublié la formation continue, Françoise
– La cadre de santé, coincée entre son hystérie et son plaisir de plaire à la direction, Martine

ATTENTION

Je précise que ces images sont fictives et que toutes ressemblances avec des personnes existantes seraient parfaitement fortuites. 

Je vais donc répondre à tes questions au travers de cette télénovelas hospitalières, où tu te retrouveras peut-être. 

Saison 1 / Épisode 1

Adèle est diplômée depuis 2 ans. Elle est fière de travailler dans ce service de médecine polyvalente qui accueille aussi bien les urgences, les jeunes, les personnes âgées et bien sur les adultes ronchons jamais contents.

Il est midi et Adèle est dans le rush. Il lui reste un pansement à faire, et Simone ne fait que lui répéter qu’il faut aller faire la toilette au lit du monsieur de la 12 parce qu’elle ne peut pas le faire toute seule. C’est surtout qu’au fond d’elle, elle prend un malin plaisir à obliger les jeunes arrivées et les jeunes diplômées à faire toutes les toilettes avec elle. Prétextant un vieux proverbe soignant qui se transmet de génération en génération et qui est : « ce n’est pas parce que tu es infirmière que tu ne dois plus laver de derrières ». On ne se rappelle plus très bien qui l’a écrit, mais on sait qu’il est très suivi.

Bien sûr il lui reste son tour de midi, les dextros, et toutes les transmissions qu’il va falloir remplir dans chaque dossier avant de partir. Si Adèle suivait son cœur, elle aurait bien proposée à Simone que la toilette de la personne en chambre 12, soit faite après le tour de midi plus tranquillement ou même en fin d’après-midi. Elle se serait dit que dans le cadre de la continuité des soins, le plus important est de pouvoir proposer ce temps aux patients au bon moment et non entre 7h et 11h30 comme cela est le cas chaque matin de chaque semaine, de chaque mois, de chaque année, de chaque décennie, de chaque siècle, bref depuis le jour où les bonnes sœurs ont décidé de prendre soin des malades.

Il faudrait pouvoir se dire que le plus important dans le service c’est que le patient puisse recevoir ses soins et non pas que les protocoles horaires soient respectés. Si un jour quelqu’un a décidé de mettre des équipes 24 heures sur 24 dans un service de soins c’est bien pour que les soins puissent être fait 24 heures sur 24. Mais pour cela, Il faut faire bouger Martine, Simone, Françoise et toutes celles et ceux qui ont décidé un jour de rentrer dans le moule sans tien dire. Il faut un consensus d’équipe, il faut que tous les soignants d’une même équipe décide de mettre au centre de leurs préoccupations les besoins du patient et non les besoins de l’équipe qui arrive pour la relève.

Adèle se rappelle de ce stage, en service de gériatrie, ou la majorité des toilettes été faite le matin, mais où toutes un travail avait été menée, pour que les toilettes qui soit faite en fin d’après-midi ou en début de soirée soit vécu comme un moment de soins et non comme un travail laissé à l’équipe de nuits par l’équipe d’après-midi. C’était grâce a une cadre, qui avait réussi à décloisonner les tranches horaires de la journée. En dehors des repas tout le reste est une décision d’équipe où l’on peut devenir créateur de soins ou exécutant de protocole.

Mais voilà Adèle doit travailler avec Simone aujourd’hui et ce consensus n’est juste pas prévu au programme neuronal de sa collègue. Elle va donc décider de se dire que ce plaisir qu’elle a, ce plaisir sadique à faire chier les jeunes, est le symptôme d’un grand mal-être interne. Oui elle doit souffrir Simone d’être aigrie, elle doit souffrir de se sentir autant envahie par des émotions et des sentiments négatifs. Finalement elle l’a plaint Simone, Elle est pauvre d’échanges, de rencontres, de relations humaines, de chaleurs. En fait Simone elle passe à côté des hommes, à côté de sa vie, à côté du plus beau et du plus grand. Adèle, elle va décider que ce comportement ne lui est pas destiné. Finalement, cela ne lui appartient pas. Ce n’est pas contre elle qu’elle se bat, c’est contre sa propre personne. Oui en fait Adèle comprends que ce que Simone renvoie c’est finalement ce qu’elle n’a jamais su être, jamais su faire, jamais su penser.

Alors Adèle va décider de prendre Simone en pitié plutôt qu’en grippe. Elle la laissera râler, bougonner, se défouler sur elle de toute façon elle est au spectacle. Elle la regarde se démener dans les sables mouvants qui l’entraînent doucement vers des profondeurs noires. Adèle a décidé de rester sur les berges, de ne pas tomber, de croire en ses rêves. Parce que les gens méchants et agressifs sont des gens malheureux. Il faut les voir comme des personnes perdues et non pas comme des agresseurs. 

Si ça peut lui faire du bien de faire chier Adèle, alors elle se dit qu’elle aura au moins cette fonction thérapeutique pour Simone. Adèle est plus grande et plus forte que ça ….

Mais bon va falloir y aller quand même faire cette toilette ! 

Saison 1 / Épisode 2

Franchement en 15 min, Adèle ne voit pas très bien comment faire une toilette « humaine ». Oui vous savez cette toilette où on prend le temps d’entrer en contact avec la personne parce que l’on va entrer dans son intimité. Cette toilette où on va essayer de lui offrir un moment agréable et non le sentiment d’être lavé par un autre être humain. Cette toilette où l’on se dit que c’est une parenthèse dans une journée de soins, un moment de bien-être. 

Voilà Adèle entre avec ça dans la tête. Autant dire que c’est comme se demander comment profiter d’un massage sans huile ou comment faire une belle rando sans chaussures. C’est IMPOSSIBLE. 

Pourquoi c’est impossible ? Tout en préparant les draps propres, en répondant au téléphone et en donnant des étiquettes au brancardier, Adèle se dit que c’est parce qu’ils ne sont pas assez. Pas assez de soignants, pas assez de temps, pas assez de moyens. C’est à cause de tout cela, à cause d’eux, de cette cadre qui se bat pour personne et pour rien. Comment fait-elle seule dans cette équipe. Parfois elle a vraiment l’impression d’être la seule à se soucier des patients, des soins, du service. 

C’est avec la boule dans la gorge qu’elle entre dans la chambre. Et croiser le regard de Simone n’arrange rien. Bordel elle n’a rien d’humain dans le regard cette femme. Comment c’est possible ? Comment elle peut bosser coincée entre l’absence de temps, l’inexistence de la bienveillance entre collègue et le regard de ce patient de la 12. 

D’ailleurs qui est ce patient de la 12 ? Qu’a t’il fait dans la vie ? A t’il aimé ? A t’il créé ? A t’il pleuré ? Qu’a t’il construit ? Elle ne le sait même pas, elle ne sait même pas qui est cet homme … Elle se sent nulle, elle se sent seule, elle se sent désespérée …. Elle a envie de pleurer. Mais Adèle est forte alors elle garde la boule dans sa gorge aussi précieusement qu’un chat garderait sa souris entre ses griffes. Elle respire et ravale sa tristesse mêlée de colère pour entrer dans cette chambre. Elle a envie de hurler, de s’enfuir …

Et c’est se qu’elle fera dans sa voiture. Elle tapera sur le volant en laissant exploser ses larmes. Comme un volcan qui entre en éruption, elle est prise de secousses puis ses larmes jaillissent de ses grand yeux verts. Quelqu’un cogne sur sa vitre. Elle sursaute. C’est son amie d’enfance qui vient passer des examens. Elle sèche ses larmes et sort l’embrasser. 

Stéphanie est à l’hôpital pour des examens complémentaires suite à la boule qu’elle a senti dans son sein gauche la semaine dernière. Mais elle se fait du soucis pour Adèle, elle a l’air tellement mal. Et Adèle se sent tellement mal d’être aussi mal devant son amie qui a peut être quelque chose de vraiment grave ! 

Elle se racontent ….

Stéphanie lui confie alors la douceur des soignants qu’elle a rencontré, le sourire et la patience qu’elle a reçu, les regards compatissants au milieu de l’activité fourmillante d’un hôpital. Elle lui raconte combien avec toute la bonne volonté du monde, ces soignants ne peuvent apaiser son angoisse et sa peur. Parce qu’elle ne dépend pas d’eux … 

Stéphanie lui parle de ses besoins et Adèle réalise ses attentes. Elles s’embrassent, elles repartent. Adèle réfléchit sur le trajet. Elle réalise après cette conversation l’idéal de ce qu’elle souhaite pour son métier, pour son service, pour son hôpital, pour ses patients.  Elle rêve d’un monde qui n’existe pas, elle veut atteindre des objectifs qui ne sont pas atteignables dans les conditions actuelles. A t’elle le choix ? Non. Mais en fait, si elle essaie de grimper à l’arbre alors qu’elle est un poisson, elle se sentira toujours nulle, toujours mal, toujours incapable. Courir après un idéal c’est la garantie d’être éternellement insatisfaite. Et du coup, cela l’empêche de regarder les petites choses, les côtés positifs d’une journée. Elle voit uniquement ce qui dysfonctionne, ce qui ne va pas. Elle ne peut plus voir le fruit de son travail, les belles choses, les petits riens qui égaient la journée d’un malade. Elle travaille avec comme but d’offrir la perfection, le meilleur. C’est honorable, mais est-ce réalisable ? 

Elle est frustrée jour après jour, mais est-ce qu’elle regarde tout ce qu’elle accomplie plutôt que tout ce qu’elle n’a pas pu faire ? Mal fait ? Oublié de faire. 

Cette rencontre lui a donné une bouffée d’oxygène dans son apnée quotidienne. C’est décidé, demain elle respire et elle observe ces petits riens. Elle va demander au patient de la 12 ce qu’il a  préféré le plus dans sa vie. Elle va même proposer à Simone un café à la pause ! Tiens elle va prendre sa petite enceinte, demain elle fait son tour en musique, et puis elle passera à la boulangerie prendre des chouquettes pour le petit-dej.  Elle a des post-is en forme de papillon dans son bureau, elle en collera un dans chaque chambre avec un mot gentil pour ses patients et sur chaque porte de vestiaire avec un compliment pour ses collègues. Finalement, si personne ne peut rien faire pour Adèle, elle va faire quelque chose pour elle-même. Sa mère disait toujours : On n’est jamais mieux servie que par soi-même …. Demain elle ne fera pas ce métier extraordinaire dont tout le monde parle, elle le fera d’une manière extraordinaire. 

Ce qu’elle ne savait pas encore, c’est que Martine, sa cadre, souhaitait la voir …

Saison 1 / Épisode 3

La journée avait super bien commencée. Depuis 6h15 tout s’enchaînait parfaitement bien. Vous savez ce genre de journée où vous vous dites que tout va super bien se passer. Même la place de parking celle que vous avez jamais juste devant le service était libre ce matin. Ça ne pouvait être que le signe d’une journée positive.

Il est 8h15 et Adèle a même un quart d’heure pour grignoter quelque chose avant l’arrivée du médecin et des transmissions. À peine avait-elle poser ses fesses dans l’office, que la porte s’ouvre brutalement et Martine, sa cadre préférée, lui demande de venir immédiatement dans son bureau.

Adèle un mauvais pressentiment mais elle espère encore que ce n’est qu’une mauvaise impression. Martine n’y va pas par quatre chemins, ne prends pas le temps de lui demander comment elle va ni comment s’est passée la matinée, il ne faudrait pas qu’en plus il commence à prendre soin de son équipe. L’infirmière de cette nuit est en arrêt et personne ne peut la remplacer. La demande est claire, est-ce que Adèle peut revenir ce soir faire la nuit.

Adèle en peut plus de ce manque de personnel incessant qui se répercute sur son équilibre, sa vie privée, et son sommeil. Mais a-t-elle vraiment le choix de dire non ? Coincé entre son statut de jeune infirmière et son envie de dire ce qu’elle pense, elle ne sait jamais quelle décision prendre. Mais aujourd’hui Adèle a décidé de prendre la responsabilité d’affirmer ce qu’elle avait à dire. Parce que finalement, c’est une infirmière compétente diplômé et donc reconnu pour ses compétences. À ce titre elle est complètement légitime pour affirmer un argument objectif qui lui permet en plus de pouvoir exprimer ses limites. Parce que en fait il n’y a rien de pire que de se laisser marcher sur les pieds. Ne jamais exprimer ce que l’on a sur le cœur c’est quelque part laisser l’autre piétiner notre intimité. Alors Adèle prends une grande inspiration et répond à Martine :

  • OK, je veux bien dépanner pour cette nuit. Je le fais pour les patients et uniquement pour que les principaux concernés ne pâtissent pas des difficultés de personnel de l’hôpital. Mais en contrepartie je souhaite que l’on se rencontre avec le cadre de pôle. Car pour moi il y a une mise en danger à faire venir une infirmière du matin, la nuit.

C’est bon le visage de Martine blêmit. Elle n’a pas beaucoup d’arguments pour refuser cette rencontre mais elle va quand même tenter :

  • je ne vois pas ce que ça va changer que l’on en discute ensemble. La demande vient déjà du cadre de pôle. Si vous croyez que j’ai le choix, absolument pas. J’exécute ce que me demande la direction des soins pour pouvoir permettre la continuité.
  • Certainement lui répond Adèle, mais je reste quand même convaincu que l’on peut s’organiser autrement pour éviter ce genre de demande à 8h30 pour 20 heures. Comme par hasard certains collègues ne sont jamais disponible et ce sont toujours les mêmes qui doivent répondre présent pour le remplacement au pied levé. Cette problématique concerne toute l’équipe et de se fête nous devons trouver ensemble une solution pour assurer la continuité des soins.

Ce qui est insupportable pour Martine à ce moment-là, c’est qu’Adèle du haut de ses deux années d’expérience, décide d’assumer à la fois sa responsabilité mais en plus propose avec créativité de réfléchir un nouveau système. Ce qui met Martine hors d’elle, c’est qu’elle lui renvoie ce qu’elle n’est plus capable de faire. Enfermé dans un fonctionnement dont elle n’a jamais su se sortir, Martine est victime de son extrême obéissance envers la direction des soins. Pire, Adèle la met face à,ce qu ‘elle n’a jamais su faire : tenir une position malgré un ordre émis.

Bien sûr Martine ne va pas lui dire ni la soutenir, c’est trop difficile pour elle que de montrer ses faiblesses, ses erreurs et ses manquements. Alors elle préférera la stratégie d’attaque, celle qui vise à dévaloriser l’autre pour se rassurer soit.

Heureusement Adèle est fine et a bien perçu l’extrême difficulté de sa cadre. Elle ne prendra donc pas au pied levé les critiques qui lui sont adressés. Elle va même prendre en pitié cette femme qui n’a plus d’autres solutions que d’attaquer son équipe pour préserver son équilibre psychique. Elle ne peut pas faire autrement est-ce que l’on peut interpréter comme de la méchanceté n’étant faite que la face visible de l’iceberg. Adèle est capable de voir en dessous de la surface de l’eau. Et ce qu’elle voit c’est une femme qui se noie, coincé entre une direction impitoyable et une équipe en souffrance.

Mais chacun doit prendre la responsabilité de ses actes et de son comportement. Adèle donc tiendra tête à Martine pour obtenir ce rendez-vous on ne peut pas lui refuser. Elle pourra ainsi exposé à sa hiérarchie les problématiques objective que pose ce genre de demande.

Si tout le monde pense qu’il n’est pas légitime à parler ou qu’il n’a pas son mot à dire donc il ne sera pas entendu, alors personne ne dit rien et tout continue à se produire et à se reproduire.

Saison 1 / Épisode 4

Et voilà, c’est reparti. L’équipe de nuit reproche à l’équipe de jour de ne jamais charger les chariots avant de partir et de laisser la vaisselle s’entasser sans la ranger. Ils ne sont pas les femmes de ménage des équipes de jour, eux quand ils partent tout est rangé, c’est toujours eux qui font les périmés …. Bref c’est à nouveau le clash.

Compter sur la cadre pour permettre un temps de médiation ? Même pas en rêve. Elle n’arrive déjà pas à se réguler elle-même, alors pas la peine de lui demander de le faire pour les autres. 

C’est vrai que c’est pénible ces gens qui sont tout le temps entrain de faire des reproches aux autres. À croire qu’ils ont besoin d’enfoncer les autres pour exister. Quel est le but de fonctionner de cette manière lorsque l’on est une équipe qui travaille ensemble dans un même objectif : prendre en soin le patient. Adèle avec son jeune âge est dépassé par cette puérilité. Elle s’imaginer un petit peu plus de maturité au sein des équipes de soins. Mais là, elle a l’impression de se retrouver dans une cour maternelle.

Pourquoi ne pas faire des différences de chacun une force plutôt que de vouloir que tous les membres d’une même équipe travaillent et pensent de la même façon. C’est vrai, la différence c’est la force. Il faut dans une équipe des perfectionnistes, des bavards, des rapides, des lents, des gens techniques, des gens relationnels, des rigolos, bref c’est les différences de chacun qui vont faire l’efficacité d’une équipe.

Alors pourquoi toujours en permanence regarder ce que l’autre fait ou ne fait pas, plutôt que simplement prendre la responsabilité de faire. Ce que je veux dire par-là sais que si on décide de ranger, de nettoyer, ou toute autre action en lien avec toute l’équipe, et bien on prend la responsabilité de le faire et on accuse pas les autres de ne pas le faire. Mais l’humain a toujours au fond de lui ce sentiment d’injustice et cette peur de faire plus ou moins que l’autre. L’humain a toujours besoin de se comparer, à cette peur d’en faire plus, d’être moins reconnu, d’attendre de l’autre qu’il soit comme lui.

L’Ego, cette fabuleuse entité qui vit en chacun de nous et qui nous pousse dans des actes parfois ignoble. On oublie souvent qu’une équipe est réunie parce qu’il y a un patient et seulement pour cette raison. Sans patient, pas d’équipe. À partir de là tout ce qui va arriver dans une équipe qui n’est pas en lien avec le prendre soin du patient, c’est un combat d’égo. C’est la reproduction de ce que l’on vit à l’intérieur de nous, comme une micro société on reproduit dans une équipe ce qui nous fait le plus souffrir dans notre vie privée. Très très peu de garde-fous sont mises en place à l’hôpital pour permettre aux équipes d’être uniquement dans une posture professionnelle et non pas personnelle.

Certains cadres savent très bien ramener leurs équipes à l’objectif qui les unit, Le patient. Mais Adèle n’a pas cette chance. Elle doit composer avec les caractères bien trempés des membres de son équipe. La question essentielle est : doit-elle répondre à ce genre de réflexion ou de demande, où doit-elle jouer la carte de l’ignorance en restant uniquement concentrée sur ses axes professionnels. Pas facile… Adèle rêvé d’une équipe bienveillante, qui prendrait soin les uns des autres, qui serait attentif à la prise en charge globale et non pas aux petits détails. Cette équipe existe-t-elle ? Où est-elle juste le rêve de chaque soignant ?

Elle se demande même si beaucoup de soignants sont prêts à être dans cette posture et uniquement dans cette posture. Finalement n’est-ce pas quelque chose de très difficile à faire ? Il faudrait pouvoir se faire aider pour ça, avoir des supervisions régulières qui permettraient de réfléchir à la question.

Adèle est un peu perdue, elle se rend compte que ce n’est pas la prise en charge du patient qui est le plus compliqué mais tout ce qu’il y a autour. La complexité de son métier n’est en fait pas ce qu’elle imaginait. 

Mais quoi faire ? A-t-elle vraiment les moyens d’agir sur ses collègues ? A-t-elle vraiment la possibilité de les faire changer, évoluer ? Qu’est-ce que vous en pensez vous ? Est-ce que c’est possible, Est-ce que l’on ne va pas utiliser toute son énergie à vouloir changer quelque chose qui ne peut pas être changé, si l’autre ne le veut pas. Est-ce que rester dans l’attente de son équipe idéale ce n’est pas entretenir un rêve qui ne se réalisera jamais. Est-ce que l’acceptation de ce qui est même si c’est imparfait ce n’est pas le premier pas vers un apaisement et peut-être par la suite un changement d’équipe, de lieu, ou de gens.

Si seulement Adèle avait été préparé à tout ça. Elle n’imaginait pas une seule seconde ce que pouvait être vraiment les premières années de son métier.

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