journée mondiale des droits de la femme
Mes cris, mes révoltes

8 mars, journée mondiale de l’hypocrisie

Aujourd’hui et ce depuis 1917 pour les premières journées, c’est la fameuse journée internationale des droits de la femme. On va dire au moins depuis 1977, date à laquelle l’ONU décide de reconnaître cette journée comme une journée internationale.
Alors à l’époque en 1917, les femmes ouvrières se sont regroupées pour se battre pour avoir le droit de vote, le droit de travailler, de meilleures conditions de travail. C’est devenue un combat très apprécié des féministes qui ont œuvré pour faire reconnaître cette journée.
C’est en 1945 qu’elle deviendra une tradition dans le monde entier et une journée où chaque pays, chaque média, remet à sa manière sur la table, le brûlant sujet de l’inégalité homme/femme.
 
Ce que l’on demande aux femmes aujourd’hui, c’est d’être l’égal de l’homme, pour prétendre un traitement égal à l’homme, surtout dans le travail, dans les salaires et dans les responsabilités. L’inconscient collectif, cet héritage qu’une civilisation se transmet de générations en générations grâce à ses non-dits, son passé et sa mémoire inconsciente, transpire dans chaque action de notre société. L’homme avide de pouvoir craint la femme et la considère comme faible, comme fatigable, comme vulnérable. Tout comme le blanc garde des comportements colonialistes envers les noirs et leurs terres, tout comme la haute catégorie socio-professionnelle garde des réflexes de domination face à la classe populaire, tout comme le riche change son regard sur le pauvre. D’une manière incontrôlable et reproductible, l’homme déroule selon son cerveau reptilien, des comportements hérités de son passé, sans même réfléchir à ce qui moral, éthique ou concevable.
Les comportements induits par le cerveau reptilien ne peuvent évoluer avec l’expérience. Ce qui pourrait expliquer l’impossibilité d’attendre un changement des mentalités de la part des personnes qui possèdent une influence sur la majorité.
 Ce n’est que mon avis, ça n’engage que moi. Je m’explique.
Plutôt que de se battre à vouloir être l’égal des hommes, pourquoi cette journée ne servirait-elle pas à définir des règles de respect de l’autre dans sa singularité. Je ne veux pas être l’égal de l’homme, parce que je suis une femme, tout simplement. De par ce fait je ne serai jamais un homme !
Pourquoi ce ne sont pas les hommes qui devraient avoir les même droits que les femmes ? Pourquoi le débat ne se discute pas dans ce sens ? (Droit au congé maternité, droit au temps partiel pour élever son enfant, et les mêmes devoirs …) Pourquoi demander à la femme de “s’élever” à la place de l’homme ? Demandons aux hommes de “descendre” au même rang que la femme ?
Je fais exprès d’être provocatrice mais c’est exactement ce que cette journée amène comme question.
Au lieu d’unir les êtres, elle les divise … Au nom de l’unité et de l’égalité !!!
Un homme n’accouchera jamais ! Ne portera jamais des enfants ! N’allaitera jamais ! Ne connaîtra jamais des maladies typiquement féminine ! N’aura jamais les chromosomes XX !
Chaque être est doté de compétences qui lui sont propres de par sa singularité. Pourquoi ne pas valoriser ses aptitudes et les respecter, plutôt que de vouloir les lisser pour que les deux, hommes et femmes, aient les même droits ?
Parce que c’est hypocrite tout cela, ce n’est pas de droit dont on parle. Nous sommes bien d’accord que le fond du problème c’est reconnaître une personne dans sa singularité.
Comme il faudrait que l’on reconnaisse le droit des enfants dans tous les pays, comme il faudrait que l’on arrête de laisser crever des hommes, des femmes et des enfants dans nos mers sous prétexte qu’ils ne sont pas nés sur le bon morceau de terre, il faudrait arrêter de laisser les personnes handicapés galérer pour être reconnu comme de simples êtres humains, il faudrait arrêter de dénigrer les caissières de supermarché et les éboueurs de nos villes, il faudrait arrêter de dire à l’école que pour être quelqu’un il faut avoir un travail et gagner de l’argent, il faudrait arrêter d’inculquer la compétition à nos enfants et le goût d’écraser celui qui est plus faible ou différent de nous, il faudrait arrêter de massacrer les animaux juste pour leurs poils, leurs œufs ou leurs viandes, il faudrait arrêter de détruire la forêt amazonienne juste pour engraisser des multinationales qui fabriquent de la nourriture qui tue les gens des pays riches …. et je peux vous en écrire deux pages comme cela.
 
C’est pour cela que cette journée est une journée de grande hypocrisie où tout le monde imagine que l’on pense aux droits des femmes. La majorité des femmes qui m’entourent se souhaitent bonne fête, ou se demande si ce soir elles vont faire le dîner ou la vaisselle parce que c’est leur fête aujourd’hui…. Sans commentaires.
Alors revenons-en à nos moutons. La condition des femmes soignantes à l’hôpital on en parle ? C’est un peu le sujet de mon blog alors permettez-moi de recentrer sur les femmes soignantes.
Il y a quelques jours dans le journal Le monde, il est sorti un article qui racontait qu’une femme médecin avait été priée à l’embauche de ne pas tomber enceinte dans les premiers mois suivant sa prise de poste. Elle a ensuite été largement discriminée quand un an et demi après, alors qu’elle était justement enceinte, elle a profité d’horaires aménagés et de jours de congés.
Mais moi j’ai envie de dire : Qu’est-ce que vous faites là ?
Non mais parce qu’entre l’infirmière sexy qui répond aux fantasmes sexuels des hommes, les femmes médecins qui évoluent dans un milieu très masculin où la culture du combat de coq pour savoir qui a la plus grosse est hebdomadaire, ce n’est pas une sinécure de se faire respecter. C’est un combat de tous les jours.
C’est le combat de ne pas accepter, de dénoncer, de gifler un mec quelle que soit sa profession et qui pense que son grade vous impressionne et lui donne un droit sur vous. Le problème en fait, c’est qu’il y aura toujours des femmes qui céderont à ce genre d’avance et de comportement. Il y aura toujours des femmes pour entretenir cela et qui y trouveront un bénéfice secondaire. Parce que c’est reptilien, parce que les bourreaux ont besoin de victimes pour exister et les victimes de bourreaux. C’est comme ça…
Dans le figaro c’est le pourcentage des temps partiels chez les femmes, deux fois plus élevés que chez les hommes. C’est le renoncement à des projets de formation continue pour contraintes familiales.
Mais ils veulent rester à la maison les hommes ?
Ils veulent des temps partiels pour s’occuper des enfants ?
On est prête à leur laisser ce rôle ?
On est prête à passer notre vie au boulot et moins voir nos enfants ?
 
Ne soyons pas trop hypocrites avec nous même…
 
Lorsque ces femmes sont prêtes à cela, ça se fait. Elles l’assument, leurs maris aussi et c’est déjà bien établi en amont dans la relation de couple. Ce n’est pas une loi qui viendra régler la paix des ménages. Une femme qui veut faire carrière, elle fait carrière, elle n’attend pas le 8 mars.
Alors cette journée des droits de la femme, qui devient la journée des victimes féminines, la journée où l’on parle de toutes celles qui sont victimes des hommes, c’est la journée du marché forain. C’est la journée où l’on entretient encore et encore la position de victime de la femme face à l’homme. La position basse face à la position haute. Tout le monde se gargarise, médias compris, pendant une journée de penser aux droits des femmes…. A leurs combats historiques, à leur évolution. Dans quelques jours nous en parlerons plus. Et les femmes reprendront leurs combats quotidiens…
Les infirmières retourneront à leur main au cul, les aides-soignantes de bloc seront victimes des chirurgiens, les femmes médecins de leurs confrères masculins, les soignantes d’un directeur trop avenant, les ambulancières de leur collègues à l’humour gras, les soignantes des urgences des patients pervers, les étudiantes de leur tuteur de stage, les internes de leur senior …. et tout redeviendra comme avant. Comme cela a toujours été depuis la nuit des temps.
Cette journée elle me débecte autant qu’elle est hypocrite. C’est tous les jours que LA FEMME et non LES AUTRES POUR LES FEMMES, doivent agir pour ne pas être victime. Dénoncer, écrire, filmer, dire encore et toujours. Pas parce que c’est injuste, mais parce que cela fait partie de notre condition de femme que de se battre. Comme les noirs américains, comme les réfugiés, comme les enfants des pays sous développées, comme les aborigènes, comme les amérindiens…. comme toutes ces populations exceptionnelles qui ont quelque chose à défendre face à ceux qui n’ont rien.
Nous avons le pouvoir d’enfanter, de porter, d’élever la vie. Nous avons cet instinct maternel qui nous rapproche de notre sensitivité et notre émotivité. Nous avons le gêne de la tribu, de la famille, de l’héritage. Nombre de société sont unies autour de la femme.
La femme fascine, effraie, impressionne, repousse.
Elle est attirante, dérangeante parce que combative. Il y a 50 ans elle ne votait pas, ne travaillait pas, n’achetait pas … En 100 ans elle a bondit et c’est affirmée comme aucun homme dans l’histoire ne peut prétendre l’avoir fait. Et elle continuera au delà de cette journée du 8 mars qui existe pour apaiser les consciences et raviver les débats stériles.
Nous ne serons jamais les égales de l’homme parce que nos différences font de nous ce que nous sommes.
C’est le droit qu’il faut changer. Le droit de travailler et d’être mère, le droit de décider et de donner des ordres, de droit de manager et de gouverner. La femme doit avoir les même droits, comme toutes les autres minorités. Donc ce n’est pas la journée de la femme aujourd’hui, c’est la journée du droit des minorités. Juste parce que certains hommes considèrent les femmes comme une minorité.
N’acceptons pas en silence ce qui peut nous être infligé.
Heureusement, TOUS les hommes ne sont pas comme ça et TOUTES les femmes ne sont pas comme ça.
J’aime l’homme autant que la femme, mais celle que j’aime par dessus tout c’est moi. Et ceux qui ont cherché à faire de moi une femme objet s’en rappelle encore :).
C’est dans l’éducation de nos filles et fils que résident la clef, mais nous n’aurons jamais la mains mise sur toutes les éducations faites aux enfants. Ne nous leurrons pas avec cette journée.
 
Cylie
Petit coup de gueule d’une femme infirmière.
 

 

 

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